Ca n’est un secret pour personne : sur Mangas Land, nous aimons Yoko Kanno. Beaucoup. A l’occasion de la sortie de la première OST de la saison 2 de Stand Alone Complex, retournons-nous un instant sur ce qui fait le style Yoko Kanno : une inspiration débordante, une exécution propre et nette… mais aussi un bon paquet de voix interprétant les chansons de la Dame, chansons de plus en plus présentes sur ses récentes compositions. Mais qui sont-ils ces chanteurs et ces chanteuses au fait ? Petit tour sur ceux qui mettent en voix nos animes favoris…
« L’écurie Kanno » n’a jamais été une institution rigide et s’est formée au gré des différentes OST sur laquelle la Dame a travaillé. J’ai ici référencé les interprètes les plus connus, et ayant chanté sur au moins deux morceaux : c’est qu’elle sait s’entourer, Yoko !
- Maaya Sakamoto : Sans conteste la chanteuse la plus célèbre de toute l’équipe. Maaya Sakamoto a été découverte sur les albums d’Escaflowne. D’après Miss Kanno elle-même, sa collaboration avec la jeune femme aurait débuté de manière totalement accidentelle, celle-ci ayant juste fait un essai pour le générique dudit Escaflowne pour lequel on ne trouvait pas d’interprète. La suite de l’histoire est bien connue, Maaya Sakamoto est devenue une figure omniprésente de l’équipe de la compositrice. La grande habileté de Maaya Sakamoto réside dans sa capacité à changer de registres, passant d’une voix entraînante à ses débuts à des accents plus nostalgiques dans Wolf’s Rain, par exemple, avec le splendide « Tell me what the Rain knows ». Même si ses chansons restent facilement estampillables « japanimation », elles n’en n’apportent pas moins beaucoup de fraîcheur à l’univers musical de Yoko Kanno. Il est également à noter que Maaya Sakamoto suit à présent une carrière de chanteuse solo ce qui prouve encore, si besoin est, son talent.
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Steve Conte : Avec Maaya Sakamoto, il est le second pilier de l’équipe, celui que l’on retrouve dans une bonne partie des animes sur lesquels a travaillé Yoko Kanno. Rencontré par la Dame alors que celle-ci enregistrait son premier (et, à ce jour, unique) album solo, Song to Fly, Conte s’est définitivement fait une place dans l’univers des animes au travers de ses nombreuses compositions sur Cowboy Bebop, où sa voix chaude et rocailleuse est particulièrement adaptée à l’ambiance, passant de la balade (« No Reply ») à des chansons plus enjouées (« Diggin », délirante parodie de Country) ou encore son déchirant « Words that we couldn’t say ». Toutefois, Steve Conte ne s’est pas limité au western intergalactique : on le retrouve également dans Wolf’s Rain, où il interprète rien moins que le générique (vous savez, le fameux « Straaaaaaaaaaay »), ou encore dans la toute nouvelle OST de Stand Alone Complex, où on le retrouve toujours aussi en forme. L’américain a également chanté en duo (duo studio hélas) avec Maaya Sakamoto elle-même, dans la bande son du film de Rahxephon, Tune the Rainbow, la piste s’intitulant « The Garden of Everything ». A ne rater sous aucun prétexte ! En dehors de ses activités kannoesques, notre Stevounet joue dans un groupe de rock, mais à ce sujet, je vous renvois à l’interview présente sur ce site… Quoi de la pub ?
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Gabriela Robin : Et voici le tour de la femme-mystère ! Voix discrète et douce, interprétation impeccable à chaque fois, Gabriela Robin apparaît ça et là dans les compositions de Miss Kanno. Ses jolies interprétations sont surtout mises en valeurs (à mon sens) dans l’OST d’Arjuna, où son timbre enfantin fait merveille, posant une ambiance toute à la fois calme et mélancolique sur certains thèmes. Son interprétation dans le récent « Cyber-Bard » de Stand Alone Complex est également très surprenante, Miss Robin parvenant à imposer une voix en apparence fragile dans un univers électro. Et pour ceux qui ne seraient pas au courant du grand mystère entourant l’identité de cette chanteuse, je vous dévoile quelques indices : elle interprète le générique de fin de Jin-Roh (au demeurant excellent), qui a été composé par Mizoguchi, le compagnon de Yoko Kanno. Les autres chanteurs refusent d’en dire davantage à son sujet… Bref, je pense que l’on peut raisonnablement déduire que Gabriela Robin n’est autre que… Steve Conte déguisé ! (nooon, pas taper !)
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Ilaria Graziano : Une nouvelle recrue dans la maison, ayant un peu chanté dans Napple Tale, mais vraiment présente uniquement depuis Wolf’s Rain. J’attendais d’en écouter plus sur elle pour donner mon avis, et la dernière OST de Yoko Kanno m’en a donné l’occasion : Ilaria Graziano est une pointure. Musicalement parlant, sa voix oscille entre celle de Maaya Sakamoto et de Gabriela Robin : apparemment fragile, mais possédant également une grande puissance quand l’occasion l’exige, comme dans, par exemple, « I can’t be cool ». La belle italienne ne se prive d’ailleurs pas de jouer avec la langue de Molière de temps à autres (« Valse de la Lune » par exemple) même si on en vient parfois à se demander si elle comprend ce qu’elle chante ! Toutefois, il est certain que sa participation plus active dans l’univers musical Kanno a apporté un vent de nouveauté dans l’équipe. A mon sens, Ilaria Graziano est une interprète qui promet encore de jolies surprises dans les OSTs suivantes, si tant est qu’elle continue à travailler avec la Dame (s’il vous plaîît !)
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Mai Yamane : Cela fait bien longtemps qu’on ne l’a plus entendue, Mai Yamane… A notre plus grand regret : sa participation essentielle avec Yoko Kanno a été dans Cowboy Bebop, où elle se distingue des autres voix féminines par un timbre beaucoup plus chaud et jazzy, un peu comparable à celui de Steve Conte au féminin. Les deux chanteurs ont d’ailleurs interprété chacun la fameuse chanson « Rain », qui correspond à ce qui est sans doute l’un des plus grands moments de l’anime. Pour les collectionneurs acharnés, sa présence sur scène lors du concert des Seatbelts est sûrement l’un des moments les plus motivants de la représentation. C’est en effet Mai qui interprète la délirante « Mushroom Hunting », l’une des pistes les plus déjantées de Kanno, toutes OSTs confondues. Mai Yamane montre, avec Steve Conte, que l’écurie Kanno n’évolue pas uniquement dans un milieu éthéré et sait faire preuve de beaucoup de pêche quand il y en a besoin ! Reviens, Mai, tu nous manques !
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Scott Matthew : Lui aussi arrivé depuis peu à nos oreilles, Scott Matthew se démarque énormément de ses confrères, tant au niveau de la voix que des mélodies sur lesquelles il travaille. En effet, beaucoup de chansons « à texte » lui sont confiés, comme l’inoubliable « Beauty within us », qui résume à lui seul tout un épisode de Stand Alone Complex. Son timbre très nostalgique et plaintif reflète peut-être le côté le plus noir des composition de Yoko Kanno, au risque de devenir parfois légèrement répétitif. Toutefois, sa présence complète assez agréablement le personnel déjà en place.
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Origa : Aaaah, Origa. Finalement assez peu de chansons à son palamarès (pas plus de deux, il me semble), mais déjà l’une des voix les plus connues de chez Yoko. En effet, c’est elle qui est derrière le formidable « Inner Universe », générique très réussi de Stand Alone Complex, ainsi que « Rise », le non moins réussi générique de la deuxième saison. Origa est, comme son nom ne l’indique pas forcément, russe et cela se sent dans sa voix et les rythmes adoptés dans ses chansons. Une voix pleine, très habile dans les changements de tons et les trémolos. Jusqu’ici, on ne l’a jamais entendu que dans un environnement musical électronique, mais il serait intéressant de voir ce que la Dame pourrait lui faire faire avec d’autres instruments. A noter qu’Origa a également sorti deux ou trois albums solos que, personnellement, je n’ai pas trouvé fameux.
Francisco Sansalone : Pour finir, je voulais rendre hommage à une voix certes pas très présente dans l’univers Kanno mais qui m’a beaucoup marquée, celle de Francisco Sansalone. Il a contribué à Song to Fly et également à Wolf’s Rain : on lui doit « Amore Amoro ». Cet interprète sûrement d’origine italienne (me dites pas que vous le pensiez aussi ? ^^) a véritablement une voix d’exception, très grave, puissante, que j’ai énormément apprécié. Peu connu – je n’ai pas trouvé d’informations sur lui – j’ose tout de même espérer le retrouver un jour où l’autre dans une OST ou un album à lui.
Et voilà pour ce rapide tour d’horizon de gens qui nous font voyager le temps d’un anime ou d’un CD. C’est là encore l’un de grands talents de Yoko Kanno d’évoluer à chaque nouvelle production, n’hésitant pas à parier sur des voix atypiques, et qui parviennent toujours à trouver leur place dans des compositions. Beau boulot Miss, la musique, et pas seulement la musique d’anime, vous doit un grand merci !