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Noir : Blanc dans Noir Un peu de lait dans le café ?
Mis en ligne le 08/10/2002
Par Jalk
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Les remix produits à partir d'animes sont comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais… je vous laisse compléter. On a la droit au pire comme au meilleur. Toutefois, en tant que fan absolu de Noir, je ne pouvais laisser passer cette production de Kaijura Yuki, au titre délicieusement intriguant de Blanc dans Noir reprenant certains morceaux de cette légendaire série qu'est Noir (de mon point de vue… je n'aurais pas consacré une section à cette série sinon !)
Bref, après écoute, on ressort plutôt désorienté de cette plongée dans les délires musicaux du compositeur. Ainsi que l'on pouvait s'y attendre, on a droit à une incroyable variété de morceaux. Qu'en ressort-il finalement ?
Eh bien on a le droit à quelques jolies surprises. Le morceau ouvrant le CD, Aka To Kuro, est interprété par Ali Project, qui a déjà a son actif Coppelia No Hitsugi, le générique de Noir. La parenté entre les deux productions est évidente, cette chanson aurait très bien pu prendre la place de sa grande sœur, quoi que le rythme plus techno d'Aka Te Kuro la rende quelque peu moins originale que Coppelia No Hitsugi. Mais l'entrée en matière n'en est pas moins exaltante et la curiosité de l'auditeur ne peut que s'éveiller.
Curiosité renforcée par l'écoute de la deuxième piste de Blanc dans Noir. Celle-ci est courte, très courte. 58 secondes très exactement. Dans une étrange brume sonore, se mêle différentes chansons de la série, sans que l'on sache très bien ou se déroule cette drôle de piste musicale. Coïncidence ? Ce morceau (intitulé Prelude) rappelle le poème liminaire, récurent dans la série, après un générique des plus dynamiques. Et comme ce même poème, Prélude donne à Blanc dans Noir une connotation tout à fait particulière. On entre à nouveau dans un univers étrange, coloré, unique.
Le troisième morceau fera retomber l'otaku de Noir sur ses pieds et proposera au néophyte une trame plus classique : il s'agit en effet d'une version de Canta per Me en japonais, joliment interprétée par la doubleuse de Kirika dans la série. Si la voix manque parfois un peu de musicalité, l'émotion est bien là, rendant ce Canta per Me tout aussi émouvant que la version originale avec, de plus une sorte de valeur nostalgique, rappelant les bons moments passés en compagnie de Mireille et de Kirika…
J'ai toujours détesté le personnage d'Altena dans Noir. Cette femme me fait encore frissonner quand j'y pense. La raison pour laquelle j'en parle ? Sa doubleuse interprète l'un des morceaux du CD, Lullaby (le thème d'Altena qui plus est). Et ça n'est pas bien brillant. On a l'impression d'avoir à faire à une sorte de Chantal Goya japonaise. En fermant les yeux, on peut à la rigueur repenser à la Kind Mother mais… qui le voudrait ? Cette fois-ci, l'émotion portée par la voix ne parvient pas à rattraper cette Lullaby… Même l'arrangement n'est pas convaincant, les violons en faisant beaucoup trop… à oublier donc. .
Il m'a été impossible d'identifier de quel morceau provient le remix suivant, Em More. Il me semble que c'est un thème que l'on entend très fugitivement lors de l'une des escapades parisiennes de nos deux héroïnes. Mais ceci n'enlève rien au fait d'entendre la jolie voix de Kirika, encore une fois, nous susurrer une fort jolie complainte. Entre beats et violons, un arrangement cher à Kajiura Yuki, on a affaire à un morceau de fort jolie facture, tendre, nostalgique mais également très rythmé. J'adhère !
Cela est également le cas pour Himitsu, à mon sens l'un des sommets de ce CD. La mélodie dont il a été tirée est Secret Game. La chanson est interprétée par la seiyu de Chloé et c'est tant mieux ! Avec sa voix inimitable, la jeune femme donne une sonorité très pure et délicate au morceau. Tout d'abord, les instruments ne servent que de trame à une interprétation splendide de retenue. Puis, l'envolée au milieu de la chanson (entre flûte, beats et guitare électrique, beau cocktail) ne peut qu'émouvoir. Accompagné de Canta per Me et Em More, ce thème donne sa raison d'être à Blanc dans Noir.
La septième piste a un côté plutôt ludique. Il s'agit d'un Salva Nos entrecoupé de répliques de Mireille Bouquet, sa doubleuse n'ayant sans doute pas voulu se prêter au jeu des remix. Amusant mais sans grande qualité musicale, si l'on connaît déjà Salva Nos, comme toujours magistral.
Love, par contre, change énormément la donne. Cette chanson est ce que Lullaby aurait dû être. Beaucoup mieux interprétée (par qui ?), la voix simplement accompagnée d'une guitare et de beats qui ont le bon goût de se faire oublier, progresse tranquillement dans ce morceau de paix musicale, bientôt rejointe par des violons qui confèrent un côté peut-être un peu trop " acidulé " au morceau mais… on se laisse gagner au jeu et au charme de ce Love, rose et tendre comme une friandise.
Ce thème est suivi par une piste pour le moins déconcertante, Gensou Rakuen (je ne pense pas qu'il s'agisse d'un remix). Si l'ambiance se dégageant de l'ensemble de la mélodie est très agréable, je ne me départis pas de l'impression que les arrangements en font " trop " (en particulier la batterie / boîte à rythme ^^). La chanteuse, elle fait très honnêtement son métier et, dans l'ensemble, ce morceau s'intègre très bien dans Blanc dans Noir, rappelant insensiblement le voyage de Kirika vers le Manoir.
Guests B s'avère une production très particulière. Un violon semble errer tout au long du morceau parmi divers instruments, cordes, clochettes, quelques scratchs résonnant de loin en loin. Il ne s'agit pas vraiment d'un morceau au sens où l'on peut le comprendre mais cette piste n'en reste pas moins intéressante… dans le cadre de " l'experimental remix " ^^
Pour nous changer un peu les idées, on a ensuite le droit à un mélange entre Salva Nos et Melody. Petit exercice de style qui, au finish s'avère assez réussi (il me semble qu'on l'entend presque tel quel dans la série, d'ailleurs). Sans la moindre prétention, ce morceau est néanmoins très rigolo pour tout aficionado de Noir.
Jealousy marque un retour dans ce côté expérimental qui semble tant obséder Kajiura Yuki. On commence à se demander si le compositeur ne s'est pas amusé à mettre ses brouillons entre les pistes de Blanc dans Noir. Toute plaisanterie de mauvais goût mis à part, il faut reconnaître que cette production est bien plus mélodieuse que Guests B et véhicule une émotion très particulière… la jalousie ?
Retour de plain-pied dans l'univers de Noir à proprement parler avec un At Dawn somme toute assez peu enthousiasmant. Assez peu énergique et pas mal répétitif malgré une surprenante douceur, effaçant quelque peu le malaise s'étant instauré avec Jealousy, cette aube n'est pas de celle qui restent dans nos mémoires.
Le thème suivant est un croisement assez intéressant entre Soldats, Black is Black et Ode to Power. Il s'agit plus d'une musique d'ambiance que d'un thème véritable et on ne peut s'empêcher de penser aux épisodes ayant confronté nos héroïnes à l'impitoyable Shao Li. Mis à part cela, on ne peut dire grand chose de ce morceau, si ce n'est, encore une fois, que Kajiura Yuki semble être passé maître dans la création d'univers musicaux.
Family Affection renoue avec la " French Touch " que le compositeur de l'OST de Noir avait crée dans la série. Une guitare et un accordéon égrènent, nostalgiques, quelques notes très pures. Cette désinvolture feinte et cette très grande maîtrise des instruments ne peut qu'amener une oreille fatiguée après 14 morceaux d'affiler à se reposer et à rêvasser un peu… et on doit reconnaître que ça fait du bien !
Sur ce, Church rend un hommage rapide aux Soldats. Des gens grégoriens s'entremêlent à de bits et quelques sons de cloche… Un morceau aux teintes sombres, tout comme Jealousy, mais cette fois fortement ancré dans l'univers de Noir.
Et At Ease conclura rapidement ce Blanc dans Noir de façon très plaisante. Un piano solitaire reprend à peine quelques thèmes égrenés dans le CD. Un joli au revoir qui a le bon goût de ne pas se prolonger et laisse l'auditeur sur une note douce-amère, à rêver aux bords de la Seine à deux jolies tueuses…
Ainsi Blanc dans Noir se classe tout à fait à part dans la grande famille des OSTs d'anime. S'il faut reconnaître que la deuxième partie du CD est très hermétique à la première (et même à la deuxième !) écoute, le début aura de quoi ravir les inconditionnels des Deux Vierges tout comme les simples amateurs de musique. Kajiura Yuki tente, avec plus ou moins de bonheur, d'explorer différentes pistes de l'émotion musicale avec un bonheur plus ou moins grand. Toutefois, je ne pense pas que l'on puisse considérer Blanc dans Noir comme raté mais plutôt comme une production marginale, excentrique, dans laquelle il est bon de laisser certaines choses de côté, quitte à revenir dessus plus tard, afin de mieux apprécier les bons morceaux, transcendés par la maîtrise de celui que je considère désormais comme un maître : Kajirua Yuki.
Jalk
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