Peu de productions nippones édités et traduites en France peuvent se vanter se remporter le succès qu'à remporté GTO. Avec cette série de 25 volumes Pika à sur flairer le bon filon, rassemblant ainsi une réelle communauté de fans.
Les aventures et mésaventures d'Onizuka sont alors suivis par un très large public, qui s'empresse d'acheter chaque mois sont nouveau tome de GTO. En plus de proposer un travail de traduction des plus corrects (avec pas mal de notes pour renseigner le lecteur et ne pas le laisser seul devant de nombreuses références typiquement japonaise) Pika réussis en plus à publier un numéro par mois, ce qui, il faut l'avouer, se fait de plus en plus rare.
La suite, on la connaît, GTO vient de terminer ses aventures au bout de 25 tomes se hissant au passage dans les hautes sphères du " box office " de la bande dessinée en France (chose relativement rare pour un mangas).
Allons donc à la rencontre d'Eikichi Onizuka, 22 ans, puceau...
La genèse
Eikichi Onizuka ne débute pas ses aventures dans GTO, loin de là, le public japonais fera ainsi sa connaissance avec " Bad Company " me semble-t-il avant de réellement devenir accroc dans " Shonan Jun Aï Gumi " (qui sera rebaptisé " Young GTO " pour sa future publication en France), série composée de 31 volumes, qui narre les aventures d'un chef de gang yankee, à ce moment là encore au lycée.
Mais après avoir terminé ses 31 volumes Tôru Fujisawa ne s'arrête pas là, motivé par le succès de sa série il décide de lui créer une suite, baptisée " GTO ".
Dans celle ci, il conserve son héros, Onizuka, et le fait devenir professeur dans un collège réputée, c'est là que tout commence...
Great Teacher
Mais au fait, c'est qui Onizuka ? Je suis sur que c'est la question que se pose les trois ou quatre personnes qui ne connaissent pas la série...Pour résumer, Onizuka est une sorte de voyou, un Zoku pour être exact (" voyou à moto " qu'ils disent dans les notes...). Il est glandeur, pervers, pas franchement intelligent, voir même carrément stupide. Bref tout le portrait d'un futur prof, non ?
Mais malgré toutes ces caractéristiques peu avantageuses, et le fait d'avoir fréquenté une " fac de troisième zone ", Onizuka parviendra tout de même à réaliser son rêve : devenir enseignant.
Alors bien sûr, ces motivations ne sont pas franchement " habituelles " (il veut surtout pouvoir sortir avec ses élèves...) mais peu importe, il deviendra enseignant, le meilleur même, le " Great Teacher Onizuka ".
Il débarque ainsi dans un collège privé réputé où on lui confie la classe la plus difficile, la plus horrible, la plus abominable du monde (non non, je suis pas dedans) : la 3e4 !
Celle ci comporte son lot d'élèves dégoûtés, de jeunes désorientés, etc...Mais surtout on y trouvera des élèves qui n'ont qu'un seul but : faire virer le prof principal, voir même pire.
Bien heureusement Super Onizuka ne renonce pas pour autant et il envoie balader tous les reclus, les petits génies traumatisés et autre super génie suicidaire.
Car ce sera ça le quotidien d'Onizuka, aider ses élèves, les combattre par moment, se fighter avec les autres prof ou encore détruire la Cresta du sous directeur et puis...ah oui, faire cours par moment. Avec lui se trouvera une prof, quand même, Azusa Fuyutsuki, jeune enseignante idéaliste et pas franchement préparée à " l'horreur de l'enseignement ". Mais ce n'est pas tout, Onizuka pourra aussi compter sur ses anciens amis du lycée, et, petit à petit, sur ses élèves qui verront en lui plus un amis qu'un prof.
Au fil de ses aventures, tous au tour de lui iront de catastrophes en catastrophes, d'ennemis en ennemis mais, comme tout le monde s'en doute, Onizuka finira toujours par s'en sortir...c'est beau quand même...
German Souplex
Après vous avoir brièvement décris l'ambiance générale et l'intrigue de GTO, parons un peu de l'aspect technique. Le style de Tôru Fujisawa est ainsi loin d'être moche, disons qu'il est particulier. Personnellement je le trouve très réussi, les dessins fourmillent de détails et les expressions des personnages sont toujours bien retranscrites, l'humour passe d'ailleurs beaucoup par ces expressions, la tête d'Onizuka est ainsi souvent hilarante, et les autres personnages ne sont bien sur pas en reste.
Mais le côté comique du manga n'est pas le seul à être exploité par le design des personnages, on retrouve ainsi un certain caractère érotique à travers ces 25volumes. Rien de bien méchant, naturellement, mais disons que Fujisawa ne lésine pas sur les plans assez osé, les jeunes élèves se retrouvent ainsi souvent en petite tenu et le caractère pervers d'Onizuka (et des autres prof d'ailleurs) n'arrange rien.
On pourra au passage, reprocher une démarche parfois malsaine de la part de l'auteur (mais, de façon général de la part de la majorité de la production nippone dans ce style là), on est ainsi parfois gêné de voir de jeunes filles de 14 ans se retrouver pratiquement à poil devant de gros pervers, et parfois, c'est franchement limite...
Amis du soir...
Qui qu'on en dise GTO est avant tout un manga humoristique, celui qui ne l'avait pas remarqué n'a plus qu'à aller bouffer des yeux de thon grillé.
L'humour est présent sur presque toutes les pages, et dans presque toutes les situations. Alors certes, je vous l'accorde, on est à des lieus d'un humour " fin " (d'ailleurs, est-ce que ça existe encore...), dans GTO tout est lourd, " typiquement japonais " voir parfois douteux mais après tout peu importe, cela fait son petit effet et les 25 volumes sont hilarants, rien à dire la dessus.
Mais, à travers un mode plutôt humoristique, Fugisawa tente de faire passer quelques critiques, notamment sur le système éducatif japonais, mais, autant le dire tout de suite, ce genre de critique se casse souvent la gueule et il ne parvient pas à résister à certains élans moralistes et ridicules tels que " professeur pour la vie " ou encore " ma famille, c'est la troisième 4 ".
De plus, il ne faut pas se leurrer, l'univers présenté par Fugisawa est un univers tronqué, poussé à l'extrême, et bien rarement réaliste. Les stéréotypes y sont nombreux : les élèves sont tous ligués contre les profs, les profs sont tous des vieux cons (souvent chauves...) uniquement intéressé par leurs primes et leurs retraites. On pourrait même aller plus loin en constatant que ce sont carrément tous les adules qui sont " pourris ", et les adolescents sont tous livrés à eux mêmes dans des conflits impossible à régler. Cela dit, à travers son univers des plus irréalistes et non crédible, Fugisawa fait passer son message à merveille, en dénonçant ainsi les vices d'une société ou les adultes pervertissent leurs enfants.
...bonsoir !
Pour conclure disons simplement que si GTO est un des mangas les plus appréciés et les plus acheté en ce moment, ce n'est pas pour rien. Malgré un irréalisme incroyable la série est drôle au possible et l'on en redemande. Le personnage d'Onizuka est ainsi l'un des plus attachants de ce genre de production et les situations dans lesquels il évolue sont toujours parfaitement comiques, évitant, de plus, de tomber dans le piège de la répétition.
En bref GTO est une oeuvre à lire pour les moins riches et à posséder pour les autres. Au passage, sachez que son succès au Japon aura donné suite à une série télé, un drama (feuilleton TV) et un film...A signaler, en France, la future parution de Young Gto, la jeunesse d'Onizuka, chez Pika, qui devrait sortir à partir de la rentrée prochaine