
DU 6 AU 14 DECEMBRE 2003 à Paris au Forum des Images
Cette 3 ème édition de ce festival parisien devenu en peu de temps un rendez vous incontournable et immanquable vient de s 'achever après 9 jours de projections d'avant-premières, de films inédits et de grands classiques de l'animation japonaise.
Comme à l'accoutumée des invités japonais étaient présents, KON Satoshi, TAKAHATA Isao, YAMAMURA Kôji, KOTABE Yôichi.
Le programme était riche et varié et proposait outre des avant-premières, une thématique ROBOTS, des longs métrages inédits, une sélection de courts métrages, l'actualité de la vidéo, des ateliers, un programme pour les enfants, ou encore une rétrospective " L' âge d'or de Toei Animation " .


Cette dernière permettait de découvrir ou de redécouvrir des films très importants dans l'animation japonaise comme les premiers longs métrages du studio de TOEI. Ainsi ont été diffusés, avant leurs prochaines sorties en salles en France par Wild Side Films, Les Joyeux pirates de l'île au trésor, le Chat beauté, le Serpent blanc, Tarô l'enfant dragon et Horus, prince du soleil. A noter qu'ils ont déjà été diffusés pour la plupart lors de la précédente édition du festival.
Ces films sont d'une grande qualité et étaient à l'époque de leurs conceptions des étapes importants dans la production future de l'animation japonaise. Le film HORUS, prince du soleil a été un tournant et "le " film du renouveau et de toutes les innovations notamment en matière de plans de caméras et surtout de mise en scène. Celui ci est la première réalisation de TAKAHATA Isao, futur réalisateur du Tombeau des lucioles. Lors de sa conférence de presse le vendredi 12, il nous explique comment et dans quelles circonstances a été réalisé Horus. C'était pour lui et ses collaborateurs de l'époque un travail difficile et " pénible " surtout pour cette jeune équipe dont c'était le premier " grand " travail. Ce film est le 10 ème long métrage de Toei et a nécessité 3 ans pour sa réalisation qui a débuté en 1965 pour une sortie en salles en 1969. Considéré comme " l'œuvre de la renaissance ", ce film était un projet initié par le syndicat de TOEI contre la volonté même du fameux studio. Celui ci a fait pression afin que puisse être réalisé cet ambitieux projet. Pour la première fois un film d'animation allait être produit non plus pour un public enfantin mais pour une cible plus âgée (collégiens et lycéens) que les précédentes productions du studio comme le Serpent blanc. A sa sortie le film n'a pas eu le succès escompté et a notamment précipité le départ de beaucoup d'animateurs notamment MIYAZAKI, KOTABE et TAKAHATA. Horus sera un succès sur le long terme et aura surtout servi de référence à d'innombrables " acteurs " de l'animation japonaise. Sont crédités au générique du film des grands noms peu connus du public français mais très importants au Japon de par leur apport à l'industrie de l'animation au Japon comme OTSUKA Yasuo (invité de la précédente édition du festival), KOTABE Yôichi, puis des futurs grands réalisateurs connus depuis à l'échelle internationale MIYAZAKI Hayao et TAKAHATA Isao. Ce film a été produit dans un contexte international difficile et de crise au Japon comme en France. Takahata nous explique ce qu'il a ressenti à l'époque et commence d'ailleurs sa conférence de presse ainsi. Il explique comment le projet a pris forme et quelles contraintes ils avaient lui et sa jeune équipe pour réaliser ce qui était leur projet le plus ambitieux.


Il ressent d'ailleurs le même sentiment de nos jours avec ce qui se passe actuellement avec les américains et l'Irak. Il était comme pour la plupart des japonais (80 % de la population) opposé à l'envoi de soldats japonais en Amérique. D'ailleurs dans Horus, au moment de la conception du personnage principal féminin HILDA qui avait une personnalité double et une contradiction de caractère, son créateur a essayé de ressentir ce que les soldats pouvaient ressentir au moment de leur envoi sur le front. Ils voulaient un sujet qui puisse réunir tout le monde et surtout " dénoncer " les problèmes majeurs de l'époque. Leurs craintes étaient alors traitées dans ce long métrage de 82 minutes (le film a été raccourci par TOEI contre la volonté du réalisateur). Les questions qui touchaient le plus les japonais étaient l'environnement (sujet traité dans de nombreuses productions nippones comme Ultraman ou encore Spectreman pour les séries vues en France) notamment suite à l'époque de la maladie de minamata en 68 qui était due à une pollution industrielle. Le droit des victimes était enfin reconnu pendant les années 70. Quelles actions pouvaient être faites pour préserver la nature ? C'est à ce moment là que Takahata " décide " que dans toutes ses futures réalisations il traitera de ce thème qui lui tient particulièrement à cœur (Pompoko). Autre sujet important pour les japonais l'industrialisation, la dépopulation, le fait qu'il n'y ait plus cette " unité de village " leur fait peur et ces 2 peurs réunies leur font ressentir un sentiment de danger et une inquiétude. Toutes ces craintes sont traitées dans ici comme les scènes de foules avec les villageois.
HORUS est " le " point de départ pour beaucoup d'animateurs notamment ceux cités ci dessus et a influencé considérablement et de manière décisive les nouvelles générations même ceux qui ne travaillent plus de nos jours dans ce domaine. Pour la production de ce film beaucoup de directives devaient être remplies pour atteindre la cible désirée, celle citée plus haut. Takahata voulait réaliser ce qui lui tient le plus à cœur c'est pourquoi il y intègre beaucoup d'aspiration personnelle à l'intérieur de ce long métrage. L'ambition était clairement définie, viser ce qui était au dessus de leur compétence, autrement dit de se surpasser ce qui a engendré un travail long, une progression lente, un planning non respecté et des retards graves pour TOEI. L'équipe a dû par ailleurs renoncer à plusieurs scènes importantes, le film a été réduit à 82 minutes.
Pour toutes ces raisons et son manque de maturité à l'époque, Takahata " ne peut revoir " ce film aujourd'hui sans penser aux conditions dans lesquelles il a réalisé celui ci.
Tout ce qui est " plaisant " est absent dans Horus, ses yeux ont un regard toujours grave, les sourires sont peu présents également. Ce film aura tout de même apporté des points positifs comme toutes les scènes chantées et les scènes de foules déjà évoquées.
Lors de la scène ou le méchant GRUNVAL précipite Horus de la falaise, ce dernier devrait normalement mourir or même si la possibilité est minime elle est probable, le réalisateur voulait exprimer ce que peut devenir quelqu'un qui a connu cette situation.
Dans ce film il n'y a pas non plus de scènes d'humour, ici l'équipe voulait une réalité crédible. L'ambition était de créer des dessins animés dont eux même peuvent croire avec un certain réalisme, le réalisateur voulait quelque chose de réaliste et en même temps de créer une distance…
Le personnage féminin Hilda est le personnage qui a la psychologie la plus complexe, l'implication émotionnelle de l'équipe de réalisation est ici très importante. L'autre but était de réaliser un film en utilisant les moyens du cinéma d'animation. L'un des points les plus importants ce sont les mouvements, beaucoup d'expérimentations ont été faites notamment les mouvements de caméra. De nos jours l'infographie permet de pallier à tous ces problèmes qu'ils ont connu. Mais le défi est de recréer ce type d'élément avec la 2D. D'ailleurs, Takahata a crée un mouvement de caméra intitulé " turn around ".
Cette conférence était très intéressante et aura duré plus d'1 heure 30.
Quand à la projection en avant première de ce film, elle débuta le Samedi 13 avec un léger retard dû notamment à un erreur dans les 2 bandes. En effet, le forum des images disposait de la version française et de la version originale sous titrée en français, c'est cette dernière qui devait être diffusée notamment parce que le réalisateur assiste lui même à cette projection. C'est donc la version française que nous avons pu découvrir, et surprise tout a été traduit et les chansons ont même été adaptées dans notre langue, le travail de Wild Side Films a été sérieux même si l'on peut regrette que les chansons n'ont pas été conservées dans leur langue d'origine avec les traductions en sous titres. Les chansons ont perdu de leur force…
Takahata, monsieur Kotabe et son épouse resteront très tard dans la soirée afin de répondre aux très nombreuses questions de l'auditorium.

La thématique ROBOTS, (en collaboration avec la Maison de la Culture du Japon à Paris dont la manifestation Hommes et Robots, de l'utopie à la réalité se déroule jusqu'au 24 janvier 2004 ) a permis la diffusion de longs métrages mettant en scènes les robots les plus marquants du Japon dans l'histoire télévisuelle ou cinématographique. Pour la première fois en France nous avons pu découvrir sur grand écran les films de Gundam. Ont été diffusés le tout premier long métrage où apparaît le héros culte de toute une génération AMURO REI, héros emblématique des séries de robots au pays du soleil levant. Ce film de 140 minutes est le premier d'une longue série de cette fameuse sage créée en 1979 par TOMINO Yoshiyuki. Il s'agit en fait d'un condensé de la première série télévisée et est sympathique à regarder même si le design a bien vieilli. Dommage que les 2 autres films tirés de cette première série de 1979 n'aient pas été diffusés (BEEZ entertainment nous prépare une sortie DVD de tout l'univers GUNDAM). Etaient également diffusés le film Gundam F91 sorti en 1991 et Gundam 0083 Le crépuscule de Zéon sorti en 1992. Ces films méritent tous d'être vus par tout ceux qui sont fans de mecha et autre robots géants. Nous avons eu droit également à l'ouverture du festival à une autre réalisation du même créateur que Gundam : La Légende du géant Ideon. Ce deuxième film ne posant pas les bases de l'histoire et entrant immédiatement dans le vif du sujet ne permet pas de comprendre de manière simple l'histoire et se révèle vite décevant. La diffusion du premier film aurait été plus judicieuse.

Sont diffusés également des OAV et séries japonaises cultes comme la série de Macross avec la diffusion des 2 premiers épisodes en versions originales japonaises sous titrées en français. Une première quand on sait que jusque là nous n'avions eu droit qu'à la version remaniée par les américains et affreusement censurée connue mondialement sous le titre de ROBOTECH. Quel plaisir de voir cette série avec ses génériques originaux, ses vrais dialogues et surtout ses vraies musiques. Celles ci sont très différentes de la version américaine très " marche militaire ". Ces musiques sont composées avec brio par HANEDA Kentaro qui a aussi composé les musiques de Space Adventure Cobra, Sherlock Holmes ou encore Takarajima plus connu sous le nom de L'île au trésor. Déclic IMAGES nous prépare d'ailleurs une belle surprise en nous proposant pour le premier trimestre 2004 une édition collector en DVD de toute la série. Ce qui nous permettra de découvrir également les " vraies " chansons de Minmay qui sont encore une fois bien différentes des versions américaines. L'éditeur nous a donc permis de découvrir en avant première cette version.
Un autre classique de série de robots était diffusé : Gunbuster de ANNO Hideaki produit au sein du studio Gainax (Nadia le secret de l'eau bleue, Neon Genesis Evangelion). Cette série découverte en France par Dynamic n'a pas eu rencontré le succès, espérons qu'une future édtion DVD permettra de Redécouvrir cette série.
Giant Robo a également été diffusé durant ce festival. Autant le dire toute de suite, cette série d'OAV est une PURE merveille et renouvelle le genre Robot Néo Retro au design proche des séries des années 70 comme Tetujin 28 (un épisode de ce dernier était proposé avant chaque séance). Giant Robo est sorti en DVD en France il y a plus d'un an chez MANGA Vidéo et mérite d'être vu, le design est vraiment très réussi, la musique grandiose et la réalisation époustouflante.
Le Dimanche 7 décembre proposait une soirée entière consacrée à Astro Boy (Astro le petit robot) notamment à l'occasion de la sortie au Japon de la nouvelle série de 2003 mettant en scène le fameux héros de TEZUKA Osamu., ainsi nous avons eu droit à la diffusion du premier épisode de chaque série (1963, 1980 et 2003). Rappelons qu'Astro est la première série télévisée au Japon produite au Japon notamment à un rythme soutenu et jamais vu au Japon. La première série se compose de 193 épisodes, le premier épisode diffusé nous permettait ainsi de découvrir les origines d'Astro en noir et blanc. Un moment d'anthologie et très drôle. Bien que l'animation soit réduite au maximum, elle n'en demeure pas moins très bonne pour l'époque et par rapport aux moyens mis en œuvre.

Ensuite était diffusé le premier épisode de la deuxième série de 1980 vue en France sur TF1en version originale sous titrée français. Bien que ce soit un remake de la première série, le scénario est légèrement différent et plus intéressant et plus prenant, l'humour en moins. L'occasion de découvrir également les censures faites sur les images du générique de début français. Et surprise de cette soirée la toute nouvelle série d'Astro produite récemment au Japon. Encore une fois le scénario est différent bien que reprenant plus ou moins la trame originale du manga. Cette nouvelle mouture du plus connu des robots japonais est excellente aussi bien au niveau du design réactualisée que de la mise en scène. Cette nouvelle série s'annonce prometteuse, espérons qu'elle arrive rapidement dans l'hexagone.

Le festival proposait également la diffusion de nombreux dessins animés qui sortiront prochainement en vidéo et présentait notamment les prochains succès des éditeurs Beez Entertainment, Dynamic ou encore IDP.
Etaient diffusés Nils Holgersson, Chroniques du jeune Hanada, Gate Keepers 21, Hack / /Sign, Noir, RahXephon, The Soul Taker, Witch Hunter Robin, Le Secret du sable bleu, Wolf's Rain ou encore Edgar de la cambriole(première série réalisée par Miyazaki et Takahata qui sortira bientôt en version doublée avec les comédiens d'origine chez IDP). 3 épisodes ont été diffusés dimanche 14 Décembre en présence de Takahata Isao qui a gentiment répondu à quelques questions du public après la séance.
Le festival proposait aussi une petite sélection de courts métrages, les films lauréats de " Digital Stadium " et une sélection Open Art.
Quand aux longs métrages diffusés ils furent nombreux et la programmation est très diversifiée, la plupart d'entre eux sont et resteront sans doute inédits. Ainsi nous avons eu droit au film de Cowboy BeBop (celui était d'ailleurs diffusé en avant première française toujours au forum des images au mois de Novembre de cette année), les huit segments d'Animatrix, Goshu le violoncelliste de Takahata surtout destiné ici au public enfantin, Kiki la petite sorcière (le prochain film de Miyazaki qui sortira dans quelques mois en France), Sakura Wars, Princesse Mononoke, Le Royaume des chats, Nasu : Un été andalou (moyen métrage sur le cyclisme), L'arbre de Palme (film qui mélange beaucoup d'influences comme Akira, Nausicaa de Miyazaki et qui se révèle assez difficile à comprendre notamment car il fut diffusé en version sous titré en anglais mais surtout qu'il est très long…on sort de la salle sans savoir trop quoi en penser, le héros est une sorte de Pinocchio revisité, certes c'est très beau visuellement parlant et les musiques sont sublimes mais la mise en scène est maladroite et l'action ne prend pas et il y a des longueurs) et enfin pour clôturer le festival le dimanche 13 à 20 h 30 le très spécial Tamala 2010.



Kon Satoshi étant de nouveau l'un des invités de ce festival, c'était l'occasion pour lui de nous présenter ses 2 dernières réalisations qui sont tout simplement 2 chefs d'œuvre, il nous montre ainsi son talent certain pour la réalisation. En 3 films il s'est imposé comme étant un réalisateur incontournable de ces dernières années au Japon. Millenium Actress est présenté avec l'aimable autorisation de DreamWorks ! C'est sa deuxième réalisation après Perfect Blue qui lui a valu d'excellentes critiques dans le milieu du cinéma le comparant ainsi à
De Palma ou encore Hitchkock , rien que ça ! Diffusé Jeudi 11 décembre à 19 heures dans la grande salle de l'auditorium, la salle était pleine et attendait apparemment avec impatience la projection de cet inédit et n'a pas été déçu par ce film qui est de toute beauté. Celui raconte une histoire d'amour assez triste sur fond de cinéma avec beaucoup d'humour et de réalisme (spécialité de KON). Après la diffusion de Millenium Actress le festival a proposé de découvrir une surprise qui n'était pas prévu dans cette programmation à savoir le film à sketches Memories auquel a participé OTOMO Katsuhiro. Mais la plus belle projection de ce festival est sans nul doute celle de son dernier film Tokyo Godfathers, celui ci eut droit à deux diffusions et celle de dimanche a ravi tous les spectateurs venus nombreux voir son Chef d'œuvre. En effet, la salle, quasi remplie, a beaucoup apprécié ce long métrage et a beaucoup rit pendant les 90 minutes de ce film unique qui prouve encore une fois que le réalisateur a une réelle maîtrise de la réalisation efficace et réaliste. L'histoire est celle de 3 SDF, une jeune fille, un alcoolique et un travesti qui trouvent un bébé un soir d'hiver et que l'un d'entre eux (le travesti) décide de garder le bébé alors que ses deux autres compagnons, eux, veulent retrouver les parents du nourrisson. Commence alors une incroyable histoire mené tambour battant, avec un grand réalisme et beaucoup d'humour. Toutes les scènes où apparaissent le travesti sont de pures moments de bonheur nous espérons vivement la prochaine sortie de ce chef d'œuvre en France afin que le plus grande nombre de personnes puissent le découvrir. La diffusion de Tokyo Godfathers était précédée de Jojo's bizarre adventure épisode 2 que Kon Satoshi a réalisé sur cette série d'OAV (disponible chez Déclic Images). Le réalisateur a enfin donné une conférence le dimanche 7 Décembre où il parlera de tout…sauf d'animation…
Jour d'hiver était présenté comme l'un des temps forts de cette 3ème édition des nouvelles images du Japon. Ce film a la particularité d'être réalisé par …35 réalisateurs du monde entier et notamment japonais comme monsieur KOTABE Yôichi et sa femme venus tous deux pour parler également de ce travail dont ils sont très fiers. C'est une œuvre collective UNIQUE qui été diffusé à 2 reprises. Les avis sont mitigés après visualisation ce film inédit.

Cette année le festival a aussi permis de découvrir d'autres univers de l'animation japonaise notamment l'animation de marionnettes. Ainsi monsieur KAWAMOTO Kihachirô était lui aussi l'un des invités de cette édition, il est l'un des plus grands spécialistes au monde dans ce domaine.

Autre invité japonais : Monsieur YAMAMURA Kôji qui eu deux cartes blanches le 8 décembre, l'occasion pour lui de choisir des courts métrages qu'il souhaitait voir et présenter. D'ailleurs une rétrospective intégrale de son œuvre fut proposée, il est à noter qu'il a reçu le grand prix du festival d'Annecy en 2003 et qu'il a été nominé aux Oscars !

KOTABE Yôichi et sa femme, eux, ont été présents tout au long de ces 9 jours pour présenter toutes les séries et films auxquels ils ont participé en tant qu'animateurs ou animateurs clefs.
Des séries comme Heidi, Bouba, ou le film de Chie la petite peste ont été diffusés. Ce dernier remporte toujours autant de succès et plaît énormément au public notamment par son humour très nippon omniprésent. Ce film a été diffusé il y a deux ans et va sortir dans nos contrées en DVD ! C'est Takahata Isao qui a réalisé cet excellent divertissement qui est l'adaptation d'un manga très populaire au Japon. Monsieur Kotabe viendra présenter ce film lors de sa séance du Mercredi 10 et monsieur Takahata celle du Vendredi 12.
Monsieur Kotabe a été un animateur important de cette période d'or de Toei au même titre qu' OTSUKA Yasuo, MIYAZAKI Hayao ou encore TAKAHATA Isao à l'époque où ils étaient eux même animateurs.
Il donnera d'ailleurs une Master class avec comme assistant David ANCINAS ( le seul animateur français à avoir travaillé aux studios GHIBLI) à des élèves français travaillant dans l'animation.

Lors de sa très intéressante conférence donnée le Mercredi 10 il explique son rôle au sein du studio de Toei et nous explique les scènes qu'il a animé sur tel ou tel film, des extraits de Horus ou encore le Chat beauté ont été diffusés, il nous explique alors que les scènes que la plupart des animateurs de l'époque redoutaient le plus à animer étaient les mouvements de l'eau et des vagues notamment pour le film Les Joyeux pirates de l'île au trésor où l'eau tient le " rôle " principal au même titre que le petit héros Jim Hawkins dans cette adaptation très libre du roman de Stevenson.

D'ailleurs il lui a fallu 1 mois de recherche sur l'eau, il avait l'idée de faire des vagues " plaisantes ", le résultat est un choix de représentation simple, Miyazaki a apprécié cette idée et l'utilisera plus tard sur ses réalisations.
Lors de cette conférence plusieurs extraits de travaux réalisés par monsieur sont diffusées : Panda Kopanda où il nous explique que cette expérience sera décisive pour le Miyazaki. Au départ l'équipe voulait réaliser une adaptation de Fifi Brindacier mais pour des raisons de droits cela n'a pu être réalisé d'où l'incrustation dans ce court métrage d'une petite fille aux traits de cette jeune héroïne. Tout était prometteur pour en faire une excellente adaptation, ceci sera le plus grand regret du trio Miyazaki-Takahata-Kotabe.
Ensuite est projeté un extrait du générique original de HEIDI où Kotabe nous explique qu'ils ont tous les 3 fait un voyage de repérage en Suisse afin de " ressentir l'air et l'atmosphère de la montagne ". c'était la première fois au Japon qu'il y avait ce type de voyage, ceci est dû au fait que pour cette série l'objectif était d'être diffusée dans le monde entier et non plus pour le marché national.
2004 sera l'année du 3ème anniversaire de diffusion de la série au Japon, il y aura sans doute beaucoup d'expositions, d'illustrations nouvelles…car c'est un événement là bas.
Monisur Kotabe parle ensuite de sa participation en tant que directeur de l'animation sur le film Taro l'enfant dragon diffusé également lors de ce festival. Celui ci est très drôle et émouvant à la fois.
Pour terminer il parlera de son dernier travail en date sur la série KIRBY tiré d'un célèbre jeu vidéo. La série a connu un gros succès au pays du soleil levant, monsieur Kotabe travaillant depuis quelques années chez NINTENDO (17 ans au lieu des 2 prévues initialement…) nous explique que selon lui ce qui fait en parti le succès ou non d'une série c'est la qualité dans la représentation du mouvement.
Vous pourrez le constater cette année, les conférences données furent très intéressantes et riches en informations de même que l'atelier présenté par le spécialiste français du cinéma nippon et de l'animation de manière générale Ilan NGUYEN (qui est aussi l'un des programmateur du festival et l'interprète de tous les invités japonais chaque année et également pour toute manifestation liée à l'animation japonaise comme Japan Expo). Cet atelier ouvert gratuitement au public avait pour thème l'histoire du studio TOEI dans sa première période, là encore on apprend beaucoup de choses. Il apporte d'ailleurs également beaucoup de documentations et d'ouvrages traitant du sujet et nous explique quels sont les ouvrages de référence à lire pour en savoir plus sur les origines et l'histoire de ce fameux studio d'animation. Dommage cependant que tous ces livres n'existent qu'en japonais…On apprendra lors de cet atelier que le mot MANGA a eu plusieurs sens et qu'il désignait au départ les films d'animation avant de prendre une autre signification autrement dit la bande dessinée nippone .
Cette année le public est venu certes nombreux assister à toutes les séances même si pour beaucoup de séances les salles n'étaient pas remplies, seuls les films de Takahata et de Kon ont permis de remplir les salles de l'auditorium, mais il n'y a pas eu les longues files d'attentes vues il y a deux ans que ce soit pour les préventes de billets ou les simples queues pour les séances attendues. Ce qui est plutôt agréable pour qui se souvient d'il y a deux ans pour la rétrospective GHIBLI qui avait connu un incroyable succès ou Miyazaki même était présent.
Que nous réserve la prochaine édition ?