En ces temps de réchauffement de la planète, de trou dans la couche d'ozone, d'énorme gaspillage, de dégradation de l'environnement, j'en passe et des meilleurs, il était plus que temps d'attirer l'attention sur ces différents problèmes liés au définitivement génial cerveau humain. Alors certes un anime, aussi bon soit-il n'aura jamais la prétention d'alerter l'opinion publique ou de contribuer à changer les moeurs de millions d'êtres humains. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'il ne faille rien tenter et rester sans rien faire devant ce problème d'actualité.
Bien heureusement, aussi veine cette action soit-elle, une équipe a mis sur pied une sorte d'anime-documentaire clairement engagé sur l'écologie. Véritable apologue défendant bons nombres de thématiques chères à M. Miyazaki, Arjuna sort des sentiers battus et propose une réelle réflexion quant à certaines pratiques devenues aujourd'hui monnaie courante.
Alors préparez vous, je vous emmène dans un monde désagréable et déclanchant d'intempestives réactions de dégoûts, regardez bien, il s'agit du notre...
Planète bleue et monstres rouges…
Commençons par un bref résumé de l'histoire, car même si Arjuna s'avère une sorte d'anime pédagogique et instructif il n'y demeure pas moins une intrigue plaisante et fictionnelle.
L'historie se déroule ainsi de nos jours, évidemment sur l'archipel nippon, et nous compte les péripéties de Juna, une jeune lycéenne à priori comme les autres. Il lui arrive pourtant une mésaventure tragique dès le début du premier épisode, puisqu'elle tombe dans le comma des suites d'un accident de la route. Comme vous vous en doutez peut être ce commas sera fatal à la jeune fille qui décédera à l'hôpital. L'histoire ne s'arrête pas là pour autant, puisqu'à peine avoir quitté le monde des vivants Juna reçoit une proposition d'une voix inconnue jusqu'alors. Celle ci lui propose une sorte d'échange, Juna pourra retrouver son corps et vivre à nouveau mais, en contre partie, devra luter contre un monstre nommé " Raaja " qui menace notre pauvre petite planète bleue. Surprise et assez réticente au départ Juna se verra tout de même contrainte d'accepter poussée par son désir de vivre. Elle se réincarnera ainsi plus ou moins et aura la possibilité de prendre la forme de " l'avatar du temps ", sorte de sailor moon fluorescente armée d'un arc.
A partir de là Juna devra lutter contre le monstre précédemment cité qui aparaît un peu aléatoirement au cours des douzes épisodes et qui pourrait être apparenté à nue sorte de gros vers rouge.
A ses côtés Juna pourra compter sur le soutient de Tokio, ami intime qui voudrait être un peu plus et de S..., camarade de classe des deux adolescents et qui elle, en pince pour Tokio (un triangle amoureux fort peu original, je vous l'accorde).
Elle pourra également plus ou moins compter sur l'aide d'une organisation étrange qui semble luter contre les " Raajas " avec dans ses rangs Chris, jeune enfant mourrant mais qui semble diriger cette organisation (et qui, au passage, est celui qui a permis à Juna de résuciter).
Au travers des douzes épisodes que composent la série on y découvrira bon nombres de thématiques différentes, comme par exemple le système pédagogique japonais, les problèmes liés à la génétique et aux laboratoire pharmaceutique, et, principalement le problème de l'alimentation.
Caractères choisis…
Juna :

Si à première vue Juna semble être l'archétype parfait de la jeune héroïne de base, perdue, troublée par ses sentiments et assez perturbée au milieu de l'action, elle n'en demeure par moins très intéressante. Ainsi de part sa naïveté, son manque d'expérience et, parfois, sa totale ignorance elle s'assimile parfaitement à l'état d'esprit du spectateur qui, à travers elle, s'initiera plus ou moins au travers des aventures de la jeune fille. Aussi, tout au long de l'anime elle apprend. Elle en apprend sur le monde, sur les hommes, sur la nature, sur elle même et elle ne cessera d'apprendre jusqu'à la toute fin de l'anime. Son apprentissage est alors orchestré par Chris, véritable mentor mais également ami, qui lui en dévoile plus sur le monde que ce qu'elle avait jusqu'alors appris d'elle même.
Mais Juna est une adolescente comme les autres avec tout ce que ça implique, refus de l'autorité; problèmes sentimentaux, etc...Aussi son action en tant qu'Avatar du temps est légèrement ralenti est limité par ce dont je viens de faire allusion. En tant que telle elle doit combattre les " Raajas " grâce à des pouvoirs étranges qui la relookent en véritable sailor moon phosphorescentes.
Malgré cet accoutrement à la limite du ridicule Juna tente de mener à bien son combat même si, la plupart du temps, elle ne combat pas de la meilleure façon...
Tokio :
Il s'agit de l'ami intime de Juna. Même si l'histoire ne nous l'apprends pas on peut imaginer qu'ils sont amis depuis quelques années et s'entendent très bien. Evidemment dans ce genre d'anime il ne peut ne pas ne pas y avoir d'histoire d'amour, aussi Tokio joue le rôle de l'amoureux transi. Il tente ainsi plusieurs fois de faire comprendre ses sentiments à Juna mais soit celle ci s'en détourne, soit il est gêné par quelques insectes nuisibles soit l'écart géographique empêche toute action.
Tokio joue le rôle du mec " cool " qui ne panique pas souvent et qui profite de la vie au maximum (son design le traduit d'ailleurs parfaitement). On se rend ainsi compte du faussé qui ne cesse de grandir entre lui et Juna tout au long de la série. Car si cette dernière change littéralement sa façon de penser et d'agir, Tokio reste lui fidèle à lui même et à ses habitudes (au niveau de l'alimentation notamment).
Sa situation familiale est assez particulière, car s'il entretenait de bon rapport avec sa mère il apparaît être souvent en conflit avec son père qui semble être préoccupé par les détails matériels et financiers.
Sayuri :
On ne la voit apparaître que vers le milieu de la série et semble être une amie proche de Juna. Mais malgré le lien indéniable qui existe entre Juna et Tokio elle tentera de faire comprendre ses sentiments à ce dernier.
Moyennement intéressant ce personnage est surtout présent pour favoriser l'intrigue sentimentale entre Tokio et Juna, ce qui en résulte est un sempiternel triangle amoureux.
Chris :
Sous ses airs d'enfant-vieillard Chris est sans doute le personnage clé d'Arjuna, il est celui qui dicte la conduite de Juna, celui qui la guide, celui qui lui enseigne tout.
Il repère ainsi Juna et lui propose de ressusciter et de combattre les Raajas plus ou moins à ses côtés. En faisant cela il fait d'elle la " TI-2 ", alors que lui même est le " TI-1 " (noms de codes assez obscures qui sont surtout présent pour donner un cachet " scientifique " à la série).
Chris est encadré par toute une organisation et, surtout, par Cindy, une jeune fille qu'il a plus ou moins recueillis alors que celle ci venait de perdre ses parents.
Pour résumer Chris est une sorte de mentor pour Juna et de frère pour Cindy, même si, en approfondissant les choses il symbolise bien plus que cela (voir pour cela la deuxième page de l'article).
Cindy :
Bien qu'on ne sache que très peu de chose sur ce personnage, les auteurs de la série nous dévoile tout de même quelques bribes de son passé et de sa personnalité. Et si à première vue elle parait être une petite garce comme on n'en trouve tellement dans ce genre de production nippone elle s'avère tout de même travaillé et pas totalement inintéressante. Elle et ainsi entièrement dévoué à Chris avec qui elle entretient une relation ambiguë, proche de celle d'un frère et d'une soeur. Celui ci l'ayant en effet plus ou moins sauvé de sa solitude elle consacrera sa vie à le protéger et, surtout, à servir de " relais " entre Chris et les autres, ce dernier ne communiquant que part télépathie.
A part ça Cindy est finalement un personnage souvent agaçant et obsolète qui ne joue en aucun cas les premiers rôles.
Teresa :
Personnage franchement secondaire Teresa n'en est pas pour autant inutile. Il s'agit d'une sorte de lieutenant de l'organisation ou " travaillent " Chris et Cindy elle dirige les opérations sur le terrain et constitue une sorte de Rambo version femme. Son apparence très masculine est d'ailleurs assez ambigu mais trouvera quelques réponses lors des derniers épisodes de l'anime.
Au final ... constitue un personnage franchement secondaire même si son rôle dans les derniers épisodes auprès de Juna est indéniablement utile, puisque suppléant directement celui de Chris.
Belles formes…
Après avoir rapidement présenté le fond que constituent la présentation del'histoire et des personnages intéressons nous désormais) la forme.
Si vous avez suivis ce que j'ai pu dire durant cette vague présentation vous saurez qu'Arjuna constitue un anime engagé sur les problèmes d'ordre écologique. Les auteurs de la série ont donc voulus défendre leurs idées et leurs engagements à travers les thématiques de la série mais également à travers la forme, puisque ceux ci ont privilégiés l'utilisation des scènes cinématiques de trois dimensions durant de nombreux passages. Ces scènes rajoutées ont ainsi permis une utilisation plus réduite de celluloïd, nuisible pour l'environnement.
Voilà pour l'anecdote mais précisons tout de même que ces scènes en 3D ne gâchent en rien la qualité visuelle de l'ensemble, bien au contraire. Certains décors et tous les véhiculent sont ainsi modélisés en trois dimensions sans que cela choque nos pauvres rétines habituées à l'animation classique. Seule fausse note à souligner (et encore, c'est juste histoire de râler un peu), la modélisation des Raajas qui laissent légèrement à désirer et qui, je trouve, est en deçà du reste de la production des images de synthèse. Mais, je le redis, ces scènes assez inhabituelles (mais qui ont tendances à se généraliser dans les animes récents) sont très bien intégrés à l'animation classique des personnages.
Enchaînons d'ailleurs avec le design de ceux ci, réalisés par le character designer de Lain ils sont assez simples mais s'adaptent parfaitement au style de l'anime. Juna parait être une lycéenne banale, Tokio donne un air de mec cool et sur de lui, quand à Chris il est représenté à la perfection, de façon à ce que l'on saisisse le paradoxe enfant/vieillard.
Mais assez parlé du sisuel, passons maintenant à la musique ! Et quelle musique ! Je n'irais d'ailleurs pas par quatre chemin pour vous présenter la bande son d'Arjuna, elle est tout simplement bluffante. Pourquoi ? En un mot parce que... " Yoko Kanno ", ce nom à lui seul fait vous fera comprendre l'ampleur du phénomène de cette bande son. Ici encore cette grande dame de la japanim nous montre ses talents, elle se lance dans un nouveau style flirtant avec des rythmes africains et des morceaux au violons plus traditionnels, elle réussit ici le mélange des genre quasi-parfait.
Les chansons sont nombreuses et d'une qualité indéniable, on citera pour exemples les formidables " Omega Blue " et " Aqua ", véritables chefs d'oeuvre de l'OST.
Petit détail sur lequel on pourrait être quelque peu étonné, voire ennuyé, certaines BGM que l'on entend dans la série ne se trouve nulle part sur l'OST (un comble quand on sait que le second CD de l'OST ne dure qu'à peine plus de 40 minutes), je pense principalement à la version instrumentale d'Aqua, qui aurait largement mérité sa place sur l'un des deux Cds.
Pour conclure…
Pour finir disons tout simplement qu'Arjuna est un anime surprenant et inattendu mais d'une qualité, dans le fond comme dans la forme, certaine. Il possède un petit plus qui accroche le spectateur jusqu'à le faire réfléchir, voire remettre en question sa manière de penser. En un mot une petite merveille que je conseil à tous ceux qui n'ont pas encore vu Arjuna de le faire, pour les autres je les invite à visiter la seconde partie de l'article, ou les spoilers pullulent...